La conscience autocentrée

Publié le par Communauté de la Sainte Trinité

Je m'en prends à la conscience autocentrée qui fait dire, par exemple, "Ce que j'ai fait, je l'ai voulu". Les autres disent également : "Ce qu'il a fait, il l'a voulu. Il récolte ce qu'il a semé". Et celui qui a réusssi dans ses affaires, déclare fièrement :"Ce que j'ai fait, je l'ai voulu" ou :"ce que j'ai voulu, je l'ai fait" :"D'accord. Mais toutes ces formules qui prétendent être intégralement sources de ce qu'ils ont réalisé n'est pas la réalité. Certes le savoir-faire joue beaucoup en de nombreuses réalisations, mais les "heureuses circonstances", les rencontres fortuites, les obstacles surmontés, les imprévus ont certainemment eu leur part dans leurs réussites. Leur parcours n'a pas été un fleuve tranquille rationnellement guidé par une conscience infaillible. Pourtant, les observateurs de leur vie se plaisent à la considérer comme un "sans faute" qu'ils auraient eu le génie de mener avec une rigueur et une intelligence sans faille.

Cette conscience prétendument omnisciente rend évidemment égocentrique puisque tout viendrait de soi et non d'autres que soi. Ces hommes à l'évidence sont trés prétentieux puisqu'ils pensent que leurs savoirs les rend ou les a rendus omniscients et omnipotents. Ils se croient invulnérables, y compris, quand leurs réalisations ne sont pas si extraordinaires qu'ils l'imaginent. Là n'est pas mon propos, mais dans le fait que de telles consciences ne prennent pas la vraie mesure des choses. Ce n'est pas s'élever contre des réussites injustement conduites et menées dans un regard jaloux ou rival. C'est regretter qu'on puisse imaginer se prendre pour source alors que l'on n'est en vérité que transmetteur pour et avec d'autres, il est vrai plus ou moins capable, mais dépendant d'une destinée qui ne nous appartient que partiellement, et dont on est dépossédé en la croyant individuelle et n'appartenant qu'à soi. Cette croyance de l'absolue capacité de se réaliser soi-même ne conduit pas à la vérité de l'humain mais le travestit, car on ne peut se réaliser qu'avec d'autres considérés comme valant autant, autrement dit, équivalents. A un moment ou à un autre, il faut se mettre au niveau du simple pour ne pas se perdre dans des hauteurs fictives improductives. Il faut resstituer aux autres la place qui leur est due antant que la mienne. La pensée se prenant pour absolue perd l'exacte estimation des êtres et des choses et finit par se perdre  dans la négation des réalités qui l'entourent en profitant de réalités transformées en artifices (prétendument plus comblants). C'est normal. Pour celui qui se pense tout-puissant, les autres n'existent plus sinon comme des colifichets gratifants mais inconsistants.

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