La flèche et le cercle
Un rabbin remarquait que le cercle est l'image du repli, de la répétion, de l'achèvement, du retour sur soi. Des combattants sont perdus, lorsqu'ils sont encerclés, et, de même, la personne qui se sent prise entre métro, boulot et dodo. Ce sont des cercles, comme le remords qui se ronge lui-même de lui-même et n'en sort pas. La flèche indique la destinée qui avance, le sens qui est progression et marche en avant de soi, détachement de soi pour autre que soi.
Le comportement dit charnel est un autocontentement. Il se satisfait de ce qu'il consomme et de ce dont il jouit uniquemment. Il est comme un cercle. Il fait cercle. Le comportement spirituel à l'inverse laisse sur sa faim. Il ne se contente pas de son assouvissement, mais se nourrit de son désir qui est inassouvissement car il ne peut pas s'assouvir. Il arrache à soi-même et se détache de la répétiton addictive. Il ajoute toujours un plus au bien connu et déja savouré. Il est élan, dynamisme, décentrement. Heureux celui qui suit le mouvement de la flèche ou, plus modestement, celui de la marche pas à pas, mais qui ne reste pas sur place. Malheureux celui qui ronronne comme le chat lové sur lui-même dans la nostalgie d'une pseudoperfection s'accomplissant en soi-même par soi-même.